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Visite dans le pays bigouden


Sortie historique du 7 août 2008

Loctudy

Dès notre arrivée sur le parking , en levant les yeux nous apercevons le chevet de l’église avec ses toitures étagées formant un bel ensemble roman. A l’arrière se dresse la flèche du clocher qui est visiblement d’une autre époque.
Puis nous entrons dans l’édifice et sommes saisis par la majesté et l’harmonie du lieu que le jeune guide nous aide à découvrir. Il faut se placer au fond de l’église et embrasser du regard l’ ensemble des piliers, des arcades, le chœur entouré d’une colonnade et surmonté d’arcatures. La lumière filtre à travers les fenêtres du déambulatoire et baigne toute l’abside d’une blanche clarté qui contraste avec la pénombre de la nef.
Plutôt que de détailler la forme des piliers et le décor des chapiteaux romans on admire l’élévation des arcs doubleaux qui, curieusement, soutiennent une voûte en bois, et le jeux des arcs en plein cintre.

On s’interroge pour savoir quand et par qui fut construit ce superbe vaisseau de pierre. Les guides du lieu ont seulement quelques dates à proposer :
- VIe siècle (?) possible fondation de l’abbaye de saint Tudy, prieuré de saint Gildas de Rhuys.
- Vers 915 : destruction de l’abbaye de saint Tudy par les Normands. Les moines rejoignent saint Gildas de Rhuys
- 1070- 1130 : construction de l’abbatiale romane de saint Tudy.
- 1224 : L’abbaye passe de l’autorité des seigneurs du Pont (-de l’Abbé) à celle de l’évêque de Quimper, avec l’accord des moines de saint Gildas.
- 1760 : réfection de la façade ouest, démolition du clocher lanterne situé au-dessus du chœur et construction du clocher ouest ainsi que de la sacristie.- 1844 : l’abbatiale est classée monument historique

Le Musée finistérien de la préhistoire

Il est installé dans un secteur où de nombreux sites archéologiques ont été découverts.
Le musée est entouré d’un espace herbeux où ont été disposés des monuments mégalithiques provenant de la région : un grand dolmen à couloir, de Plomeur, plusieurs coffres de l’âge du bronze une structure circulaire qui abritait jadis la sépulture d’un personnage important, un menhir de deux à trois mètres de hauteur et surtout de nombreuses stèles de l’âge du fer, certaines hautes, d’autres basses et ovoïdes.

A l’intérieur du musée ce qui retient tout d’abord l’attention c’est une présentation de squelettes bien conservés qui proviennent de la nécropole de Saint Urnel en Plomeur
Le professeur P ; R :Giot en a fait une étude scientifique . Une datation au carbonne 14 permet de dire que ce cimetière a pu être ouvert autour de 350 et a servi jusqu’au XIe siècle Les caractères humains sont proches de ceux que l’on a identifiés dans l’ouest et le sud-ouest des Iles Britanniques. ( extrait de La Bretagne des Saints et des Rois , de A Chédeville et H Guillotel p 30.) Des crânes portant des marques de trépanation sont exposés dans une vitrine proche.

La préhistoire occupe la quasi-totalité des autres vitrines du musée.

Un premier ensemble est consacré au paléolithique, anciennement appelé âge de la pierre taillée, et subdivisé en paléolithique inférieur, qui commence en Bretagne vers – 500 000 ans avant notre époque, en paléolithique moyen et supérieur. On reste songeur devant des bifaces taillés par des hommes vivant il y a plusieurs centaines de milliers d’années, par exemple le biface de Keraroc’h en Plouzané.

Au cours des périodes qui ont suivi, l’utilisation des silex trouvés sur le littoral a permis le façonnement d’un outillage varié, des bifaces de plus petite taille , des grattoirs, des burins et pointes qui au Paléolithique supérieur sont d’une finesse remarquable. Des éléments de foyer , que l’on peut dater de - 400 000 ans ont été découverts d’une part à Terra Amata à Nice mais aussi à Menez Drégan en Plouhinec. Le feu permet aux hommes de supporter les périodes froides du Quaternaire. Durant tout le Paléolithique les hommes vivent de chasse, de pêche et de cueillette ce qui est aussi le cas des peuplades du Mésolithique (qui ont laissé un outillage de type Bertheaume )

Le Néolithique commence vers -7000 ans avant J-C après la fin de la dernière glaciation. Des transformations apparaissent : domestication d’animaux, culture de céréales. Des outils nouveaux sont façonnés : haches polies, surtout de dolérite, soit en forme d’amande , soit à deux tranchants , dites bipennes, soit hache -marteau.( Un bloc de roche dure , exposé à l’extérieur du musée a servi de polissoir).

Une première céramique à fond rond puis à pied creux est contemporaine des haches polies et de l’édification de monuments mégalithiques.

De - 2000 à - 800 s’étend l’âge du bronze qui est précédé d’une première utilisation de l’or et du cuivre Ce dernier, auquel on ajoute de l’arsenic pour le durcir permet de confectionner des haches plates .Par la suite, l’étain allié au cuivre permettra d’obtenir du bronze. On en fera des épées et des haches diverses, des objets de parure. Des monuments mégalithiques sont associés à des objets de pierre polie mais aussi de bronze.

L’âge du fer succède à l’âge du bronze. Il se caractérise dans notre région par des urnes cinéraires et des vases qui ont permis de conserver des céréales. A l’extérieur du musée de nombreuses stèles hautes ou basses sont également de cette période. Ces stèles accompagnaient pense t-on des nécropoles et ont été très souvent déplacées Quelques objets réunis dans la dernière vitrine appartiennent à la dernière période de la préhistoire et à la période historique : monnaie, lampe, pendeloque. :

Le musée bigouden

Il occupe plusieurs niveaux de la grosse tour ronde du château de Pont-L’Abbé. Une longue vitrine est consacrée à l’évolution de la coiffe bigouden qui mesurait six centimètres et demi de hauteur vers 1850. Elle cernait alors le sommet de la tête . D’année en année elle a grandi pour atteindre trente six centimètres vers 1970. Les coiffes placées côte à côte forment une série saisissante. Un panneau illustré montre la mise en place laborieuse de la coiffe, de son support sur des cheveux préalablement préparés Plusieurs dizaines de minutes sont nécessaires pour ce travail.

Au premier étage on peut admirer toute une collection de meubles bretons sculptés de motifs souvent religieux et ornés de clous de laiton. Dans un angle un « repasseur » montre comment il amidonne et repasse les pièces de dentelle des coiffes qui seront ensuite assemblées pour former la mitre typique du Pays bigouden.

A l’étage supérieur des mannequins présentent des couples de mariés. Vers 1860 la mariée porte la petite coiffe et un habit orné de broderies jaunes et rouges. Le marié arbore les mêmes broderies sur son plastron que recouvre en partie le gilet. Il porte un ample « bragou bras » blanc et une large ceinture qui maintient le tout.

D’autres couples portent des costumes plus récents, le marié est en costume de ville et la mariée en habit brodé de motifs bigoudens de couleur jaune ou orange

Satisfait de ces visites notre groupe regagne les voitures et se disperse Le pot d’amitié avait été pris durant le pique-nique du midi dans une salle aimablement mise à notre disposition, par la paroisse de Loctudy.